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INDICE

 

IV - 2003 / 1 - gennaio-giugno

Schedario


"Micrologus.
Natura, scienze e società medievali
",
XI (2003)


Indice

Jackie Pigeaud, Coeur organique. Coeur métaphorique, 9

Ada Neschke-Hentschke, Le rôle du coeur dans la stabilisation de l'espèce humaine chez Aristote, 37

Éric Marié, Le Cœur dans la pensée médicale chinoise, 53

Danielle Jacquart, Cœur ou cerveau? Les hésitations médiévales sur l'origine de la sensation et le choix de Turisanus, 73

Joël Chandelier, Gentile da Foligno et le mouvement du cœur, 97

Thomas Ricklin, Le cœur, soleil du corps: une redécouverte symbolique du XIIe siècle, 123

Michel Pastoureau, Héraldique du cœur (XIIe-XVIe siècle), 145

Andreas Bräm, Von Herzen. Ein Beitrag zur systematischen Ikonographie, 159

Jean Wirth, L'iconographie médiévale du coeur amoureux et ses sources, 193

Matthew Shoaf, TheHeart, theEyes and medieval Envy, 213

Domenico Laurenza, Cuore, carattere e passioni tra scienza e arte in Leonardo, 229

Murielle Gaude-Ferragu, Le cœur "couronné": tombeaux et funérailles de cœur en France à la fin du Moyen Âge, 241

Alexandre Bande, Philippe le Bel, le cœur et le sentiment dynastique, 267

Patrice Georges, L'exérèse du cœur dans l'embaumement médiéval occidental, 279

Michela Pereira, Il cuore dell'alchimia, 287

Elisa Chiti, 'Si cor sentit, hoc non est ipsa'. Morte dello spirito e liberazione del cuore in Margherita Porete, 305

Silvana Vecchio, 'Peccatum cordis', 325

Anita Guerreau-Jalabert, 'Aimer de fin cuer'. Le coeur dans la thématique courtoise, 343

Christopher Lucken, 'Chantars no pot gaire valer, si d'ins dal cor no mou lo chans'. Subjectivité et poésie formelle, 373

Sonia Gentili, Due definizioni di "cuore" nel Convivio di Dante: 'secreto dentro', 'parte dell'anima e del corpo' (II, 6, 2), 415

Armand Strubel, Cœur personnifié, réifié, hypostasié: les avatars de l'organe dans la littérature du XVe siècle, 449

Luciano Rossi, Suggestion métaphorique et réalité historique dans la légende du cœur mangé, 469

Margaret Bridges, 'Ubi est thesaurus tuus, ibi est cor tuum'. Towards a History of the displaced Heart in medieval English, 501

Denis Renevey, L'imagerie des travaux ménagers dans The Doctrine of the Hert: spiritualité affective et subjectivité, 519

Éric Hamraoui, L'invention de la pathologie cardiaque entre philosophie et expérience (1628-1749), 555


Abstract

ALEXANDRE BANDE, Philippe le Bel, le cœur et le sentiment dynastique

À la fin du XIIIe siècle, Philippe le Bel choisit de donner une place importante au cœur du roi. Après avoir décidé, malgré de nombreux avis contraires, de faire enterrer le cœur de son père (Philippe III) au couvent des Dominicains de Paris, il choisit de faire enterrer le sien à la priorale dominicaine de Poissy. En contradiction avec la volonté de Boniface VIII qui tente de faire reculer la pratique de la division des cadavres, les décisions de Philippe le Bel ont des origines multiples. Spirituelles, médicales, familiales, les motivations du roi sont essentiellement politiques et dynastiques.

ANDREAS BRÄM, Von Herzen ein Beitrag zur systematischen Ikonographie

Cet article tente une approche systématique de l'iconographie du cœur au Moyen Age dans les domaines du cœur amoureux, du cœur médical, de la charité et de la magnanimité, des cœurs du Christ et de la Vierge. Suivent des considérations sur l'iconographie des tombeaux du XIIIe au XVe siècle et sur le cœur comme attribut de saints. Les manuscrits en forme de cœur sont très rares, comme les allégories d'Envie rongeant son propre cœur ou les illustrations de passages bibliques. L'article se termine par une analyse de l'illustration textuelle du Moyen Age tardif et la signification du cœur à l'époque de la Réforme.

MARGARET BRIDGES, 'Ubi est thesaurus tuus, ibi est cor tuum'. Towards a History of the displaced Heart in medieval English

Ce survol historique de la littérature du cœur déplacé commence par constater que le lexique poétique vieil-anglais ne permet guère de distinguer le sujet désirant du sujet pensant: aimer et penser, tout comme parler, s'inscrivent dans une dynamique générale de la "pectoralité". Au cours du XIVe siècle, l'assimilation de la poitrine à un coffre (chest) se précise, et donne lieu à des scénarios narratifs, dramatiques et homélitiques mettant en scène le déplacement du cœur de l'avare vers son coffre-fort. Déplacement équivaut dans ce cas à mauvais placement, alors que le verset biblique précise qu'il y a meilleur (dé)placement à faire. L'analyse de certains déplacements du cœur amoureux dans deux textes romanesques de Geoffrey Chaucer permet enfin de tracer quelques continuités entre la logique du récit religieux et celle de la culture dite courtoise.

JOËL CHANDELIER, Gentile da Foligno et le mouvement du cœur

Gentile da Foligno, médecin italien mort en 1348, présente dans son commentaire au Canon d'Avicenne une théorie originale reliant le mouvement du cœur à l'âme. Cette approche est toutefois contredite dans le Plusquam commentum de Pietro Torrigiano. S'appuyant sur Aristote, ce dernier y affirme que le mouvement cardiaque est le résultat d'un processus mécanique d'ébullition du sang. Gentile da Foligno rédige alors un De motu cordis, où il propose une synthèse de la position de "médecins" et essaye, en mêlant les approches médicale, physique et philosophique, de parvenir à une solution définitive faisant dépendre la pulsation de l'âme.

ELISA CHITI , 'Si cor sentit, hoc non est ipsa'. Morte dello spirito e liberazione del cuore in Margherita Porete

En étudiant ce qui relève du cœur dans le Miroir des simples âmes de Marguerite Porrete, on tente me mettre l'affectivité en relation avec la mystique de la béguine, dans le cadre de l'expérience intellectuelle de la mystique spéculative. L'étude de la "phénoménologie" du cœur met en lumière la relation entre l'ascèse mystique de l'âme (qui se profile aussi comme étant une mise en abîme) et l'abandon de l'affectivité et de la subjectivité (qui apparaissent comme la mort de l'esprit), dans une double connaissance du moi et de Dieu sur la superficie spéculaire du cœur.

MURIELLE GAUDE-FERRAGU, Le cœur "couronné": tombeaux et funérailles de cœur en France à la fin du Moyen Âge

L'idée qu'à la fin du Moyen Age, les rois et les princes français sollicitent fréquemment une division corporelle est communément admise. En réalité, à partir de la seconde moitié du XIVe siècle, leurs testaments contiennent rarement de telles prescriptions. Seuls quelques-uns émettent le désir d'une sépulture multiple, par dévotion pour un sanctuaire ou par volonté d'affirmer leur présence sur un territoire. Les funérailles organisées autour du cœur participent aussi à l'exaltation de leur pouvoir. Il est fastueusement honoré, illuminé de multiples cierges, entouré de hauts dignitaires et d'un décor somptueux. Dans la procession, il est au centre de tous les regards, recouvert d'un drap d'or, et surmonté d'un dais, symbole de la majesté du défunt.

SONIA GENTILI, Due definizioni di "cuore" nel convivio di Dante: "secreto dentro", "parte dell'anima e del corpo" (II, 6, 2)

L'opposition et la différence, soulignées par Dante dans le Convivio, entre deux définitions du "cœur" trouve son origine dans les différentes traditions culturelles qui les ont produites: la première formule, de tradition biblique et consacrée par Saint Augustin, identifie le cœur avec la complexité de la spiritualité individuelle, l'interior homo. Dans la deuxième, fixée par Aristote, le cœur est intermédiaire entre âme et corps en tant que siège de la puissance psychique dite motive. La rencontre complexe des deux formules constitue une des articulations spéculatives du débat, propre à Dante et à son temps, autour des risques de fragmentation de l'individu entraînés par une âme douée de puissances - ou parties - et transmissibles au corps par l'intermédiaire cardiaque.

PATRICE GEORGES, L'exérèse du cœur dans l'embaumement médiéval occidental

Le cœur, auquel on pouvait attribuer une sépulture particulière, a une importante valeur symbolique au Moyen Age. Le prélèvement de cet organe, qui n'est pas détaillé dans les encyclopédies chirurgicales de cette époque, est sans aucun doute un moment fort de l'embaumement médiéval. Cette opération n'en relève pas moins d'impératifs d'ordre sanitaire, en particulier si le défunt doit être présenté au public. Mais l'exposition du corps implique un certain nombre de contraintes techniques que le praticien se doit de surmonter dans des délais relativement brefs. Les stratégies d'intervention mises alors en évidence révèlent que les chirurgiens médiévaux ont intégré dans leur démarche l'incidence éventuelle de leurs actes sur la dépouille mortelle. La spécificité de leurs gestes traduirait autant la volonté de prélever le cœur intact que celle de préparer le défunt afin de l'exposer.

ANITA GUERREAU-JALABERT, "Aimer de fin cuer". Le coeur dans la thématique courtoise

L'observation des données lexicales et des images dont le cœur est le support dans la poésie lyrique de langue d'oïl et de langue d'oc renvoie à un ensemble de représentations de la personne et des relations d'amour propres au Moyen Age occidental. Ces représentations se sont mises en place à l'époque patristique et en particulier dans la pensée de saint Augustin; ce dernier établit en effet une sorte d'équivalence entre le cœur et l'"homme intérieur", c'est-à-dire la part spirituelle de la personne, et il conçoit donc cet organe comme le lieu où se noue le rapport d'amour qui lie l'homme à Dieu et à son prochain. C'est dans ce cadre que s'inscrit le réseau des métaphores cordiales dont la littérature courtoise fait un large usage et qui constitue l'une des modalités de l'affirmation du caractère spirituel de la fin'amors.

ÉRIC HAMRAOUI, L'invention de la pathologie cardiaque entre philosophie et expérience (1628-1749)

La recherche des applications possibles à la médecine de la découverte de la circulation du sang par William Harvey, en 1628, constitue l'objet d'investigation privilégié des physiologistes d'Oxford (Willis et Lower) et des iatromécaniciens de la première moitié du XVIIIe siècle. Ainsi, le De motu cordis et aneurysmatibus (1728) de Giovanni Maria Lancisi contient-il l'explication des causes physiologiques des pathologies cardiovasculaires (anévrismes). Explication dont l'exactitude, dira Jean-Bertrand Sénac dans son Traité de la structure du cœur, de son action et de ses maladies (1749), repose sur l'identification des principes qui régissent la nature, la variété et les effets de ces causes.

DANIELLE JACQUART, Cœur ou cerveau? Les hésitations médiévales sur l'origine de la sensation et le choix de Turisanus

La question de savoir si le cœur était l'organe principal du corps ou s'il partageait ce rôle avec le cerveau et le foie fut l'une des plus discutées au Moyen Age. De manière concomitante était posée la question de l'origine de la sensation et du mouvement volontaire; dans le cœur selon Aristote, dans le cerveau selon Galien. Souvent ramenée à un conflit entre "philosophes" et "médecins" cette question va bien au-delà. Tout en admettant, dans le Canon, la pertinence, du point de vue de la finalité thérapeutique, d'isoler trois organes principaux, Avicenne éprouve quelque difficulté à ôter au cœur sa qualité de premier principe. Averroès, dans le Colliget, se range clairement derrière Aristote et il fait du cœur le siège de la virtus cibavita et de la sensibilité générale, en réfutant les arguments anatomiques qui pouvaient être avancés. Dans ces débats, c'est le statut de la vertu vitale qui est en cause. Turisanus, au prix d'une reconstruction intellectuelle cohérente, lui nie le statut de faculté issue d'une puissance de l'âme.

DOMENICO LAURENZA, Cuore, carattere e passioni tra scienza e arte in Leonardo

Cette étude analyse certains aspects psychosomatiques, entre physiognomonie et art, dans la recherche cardiologique de Léonard de Vinci, sur la base de la tradition scolastique. Pour Léonard, la recherche anatomique vise toujours la compréhension de la forme extérieure du corps. Dans les cas étudiés ici, Léonard considère le rapport entre la fonction cardiaque et deux différents paramètres somatiques extérieures: la forme ou morphologie extérieure du corps (forme des cheveux et du visage) et la couleur.

CHRISTOPHER LUCKEN, Chantars no pot gaire valer, si d'ins dal cor no mou lo chans.Subjectivité et poésie formelle

Le célèbre incipit d'une non moins célèbre canso de Bernard de Ventadour qui sert de titre à cette étude apparaît comme une référence obligée de la critique au moment de s'interroger sur la "sincérité" de cet amour que célèbre le grant chant des troubadours et des trouvères, partagée qu'elle est entre une conception romantique de la subjectivité lyrique, qui la pousse à condamner cette poésie, et la valorisation de son caractère formel qui semble pouvoir faire l'économie de toute intériorité. Après un retour sur cette tradition critique, on s'attache à préciser le lien qu'entretient le chant avec ce cœur dont il affirme provenir, ainsi que la nature singulière de cette fin'amor dont fait l'expérience celui qui y consacre son art.

ÉRIC MARIE, Le Cœur dans la pensée médicale chinoise

La médecine chinoise a développé un ensemble cohérent de représentations de l'être humain, dans ses dimensions physiques et psychiques, qui a la particularité d'être à la fois très ancien, remarquablement continu dans la longue durée et toujours institutionnel aujourd'hui. Aborder son histoire exige quelques précautions qui sont tout d'abord brièvement exposées. Puis, la vision du cœur est développée à travers les principaux postulats de ce système médical: interdépendance de l'homme et de l'univers, constitution physico-spirituelle de l'être humain, yin/yang et cinq mouvements, manifestations et interrelations des viscères sont autant de cadres conceptuels qui permettent d'appréhender l'organe empereur qu'est le cœur dans la pensée chinoise.

ADA NESCHKE-HENTSCHKE, Le rôle du coeur dans la stabilisation de l'espèce humaine chez Aristote

L'étude du cœur en tant qu'"organe" du corps n'a pu démarrer qu'au moment où le phénomène même de l'"organe" a été découvert. Ceci a été l'avènement de la biologie d'Aristote (milieu du IVe siècle av. J.-C.). Ce dernier propose, contre Platon, une classification des vivants comme espèces biologiques stables dont la description relève d'une analyse des parties du corps en tant qu'"organes", à savoir instruments de vie ("morphologie comparée"). Notre étude compare la vision platonicienne et aristotélicienne du rôle du cœur pour faire comprendre comment la biologie d'Aristote a dû s'imposer contre une vision préscientifique du corps et du cœur humain.

MICHEL PASTOUREAU, Héraldique du cœur (XIIe-XVIe siècle)

MICHELA PEREIRA, Il cuore dell'alchimia

Dès le milieu du XIVe siècle, l'art alchimique a connu quelques changements majeurs, qui touchent à son statut épistémologique ainsi qu'à ses stratégies rhétoriques. C'est justement à ceux-ci que se rattache, dans l'iconographie de l'alchimie, l'apparition de l'image du cœur. Encore faut-il préciser que cette image n'est pas à ranger parmi les métaphores d'origine biologique ou médicale, que l'on trouve employées dans les textes contemporains sur l'élixir, afin de représenter les procédés de l'opus. Le cœur illustré dans le cycle de l'Aurora Consurgens est plutôt le symbole de la quintessence, principe occulte qui gît à l'intérieur de la matière dont il est le centre vivifiant: dans cette qualité, il se situe à l'origine aussi bien des processus qui président à la formation naturelle des corps, que des moyens qui rendent possible leur transformation alchimique.

JACKIE PIGEAUD, Coeur organique. Coeur métaphorique

C'est une histoire de la kardia que nous ne faisons qu'esquisser là. Il s'agit de cette région assez vague du corps, où peut s'installer le malaise, la maladie, la mort ou la folie. Kardia, en grec, peut désigner le cœur comme organe aussi bien que l'ouverture de l'estomac. La cardiaca passio (la "maladie de cœur") recouvre bien autre chose que des problèmes cardio-vasculaires. C'est le rôle et l'importance de la viscéralité qui est en jeu ici. C'est bien le lieu de la métaphore, comme cet article tente de le montrer.

DENIS RENEVEY, L'imagerie des travaux ménagers dans The Doctrine of the Hert: spiritualité affective et subjectivité

Après une brève discussion sur l'état de la littérature dévotionnelle anglaise durant le Moyen-Âge tardif, ce travail offre une étude approfondie de l'utilisation de l'imagerie de la maisonnée pour la conception d'une doctrine théologique affective, dite la doctrine du coeur. Le contenu du The Doctrine of the Hert est exposé d'une façon succincte, suivi par une analyse détaillée des passages faisant spécifiquement allusion à cette imagerie. La pertinence de cette utilisation pour la construction d'un langage ayant pour but d'amener le sujet médiéval à un examen de conscience est démontrée par une analyse du fonctionnement des images les plus poignantes, celles notamment empruntées au contexte de la cuisson et au rôtissage des viandes. Ce travail est complété par la transcription du prologue et un large extrait sur l'imagerie de la maisonnée, offerts dans la langue originale et en français moderne.

THOMAS RICKLIN, Le cœur, soleil du corps: une redécouverte symbolique du XIIe siècle

L'image du coeur, soleil du corps, compte, depuis Harvey au moins, parmi les métaphores cardiocentriques les plus répandues. Nous étudions, dans les lignes qui suivent, la première ré-élaboration de cette constellation symbolique dans le courant du XIIe siècle où cette nouvelle métaphore prend naissance sous la plume d'Alain de Lille, à la suite de la décomposition de la triade symbolique du corps de la République platonicienne, dans un milieu largement débiteur de la nouvelle science des astres qui, a son tour, déclare le soleil maître de la vie.

LUCIANO ROSSI, Suggestion métaphorique et réalité historique dans la légende du cœur mangé

L'étude propose une interprétation à la fois philologique et historique des principales attestations gallo-romanes illustrant le mythe du Cœur Mangé, en corrélation avec la métaphore virgilienne de l'amorem bibere. On fournit également une nouvelle édition du "gab" Lonc temps ai estat cubertz de Raimbaut d'Aurenga qui joue un rôle prépondérant dans ce contexte.

MATTHEW SHOAF, TheHeart, theEyes and medieval Envy

This paper argues for the significance of the heart's absence from view in medieval pictures of invidia (envy). I examine different artistic traditions of depicting envy, and highlight relations of each to discursive traditions linking envy to the heart. Among the images examined is Giotto's fresco of Invidia in the Scrovegni chapel, Padua (ca. 1304-1306). An analysis of this picture demonstrates how not seeing a heart aided an understanding of dangers posed by envy, in particular, blindness to and concealment of what is good. The relevance of these dangers to Giotto and his patron is suggested by documented attitudes of contemporaries toward displays of wealth, including the chapel's decoration.

ARMAND STRUBEL, Cœur personnifié, réifié, hypostasié: les avatars de l'organe dans
la littérature du XVe siècle

Cœur à cheval, cœur cloué sur la croix, cœur interlocuteur et compagnon du poète sur une barque... Les semblances de ce qui est à la fois un organe et une instance psychologique ont de quoi surprendre à la fin du Moyen Age. Il s'agit ici de réfléchir à l'évolution de cette figure, entre métonymie, personnification et ex-voto, à partir des œuvres de René d'Anjou, Michault Taillevent et Charles d'Orléans. À travers ces multiples aspects, hérités d'une longue tradition (le cœur en débat, le cœur arraché), la permanence d'une signification: le martyre du cœur, lieu privilégié de la souffrance, n'est que le paroxysme du soupçon.

SILVANA VECCHIO, 'Peccatum cordis'

L'idée d'un peccatum cordis, du péché du cœur, peut être suivie dans une longue tradition qui va de Saint Augustin à Luther. La notion de péché du cœur indique le premier stade du péché, qui est tout à fait intérieur, et qui, en sortant à l'extérieur, se transforme en péché de parole ou d'action. Ce schéma est très répandu dans la pratique de la pénitence, où l'on peut établir une correspondance entre les trois phases du péché et les trois parties de la pénitence (contritio cordis, confessio oris, satisfactio operis); mais il peut même être employé pour classifier les péchés, comme le fait le théologien franciscain Jean de La Rochelle; dans ce cas, le péché du cœur comprend les pensées mauvaises, les affections déréglées, la conscience erronée.

JEAN WIRTH, L'iconographie médiévale du coeur amoureux et ses sources

Le cœur comme siège de l'amour entre dans l'iconographie à partir de la seconde moitié du XIIIe siècle. Les Pères de l'Église avaient introduit ce motif dans le langage de l'amour divin et la poésie médiévale l'adapta à l'amour profane. Le cœur devint ainsi un objet de l'échange amoureux, ce qui conduisit à sa représentation picturale. Dans le monde monastique, il constituait en plus un double de l'appareil génital féminin, permettant de concevoir et d'engendrer spirituellement. C'est là la principale différence entre le cœur sacré et le cœur profane, le premier devant assumer métaphoriquement toutes les fonctions de la sexualité, le second laissant le corps entrer en scène lorsque l'approche amoureuse était terminée.


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  • RM Repertorio - Riviste, a cura di Andrea Barlucchi
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